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« Les industriels laitiers veulent-ils toujours transformer en France ? »

Les cinq plus grands groupes laitiers français auraient investi des dizaines de milliards d’euros dans leurs usines à l’étranger sur les dix dernières années, selon la FNPL

La Fédération nationale des producteurs de lait craint un désengagement des grands groupes laitiers du territoire français. Elle prévoit des mobilisations dans tout son réseau en France pour dénoncer les prix du lait.

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« On a connu une France produisant beaucoup plus de lait qu’actuellement ». La Fédération nationale des producteurs de lait (FNPL) se questionne sur les intentions des gros industriels laitiers lors d’une conférence de presse à Paris le 28 janvier.

« Certains acteurs ont baissé le prix du lait de 50 à 70 € les mille litres entre les mois de décembre et janvier » déplore son président, Yohann Barbe. « Dès que le beurre-poudre dévisse, on en profite pour remettre une grosse claque aux éleveurs ».

La FNPL soupçonne les industriels de tourner à leur avantage la « surproduction laitière ». « Quand on entend qu’il y a trop de volumes, alors qu’il y a moins de lait qu’il y a 10 ans, on a peur que les industriels ne veuillent plus transformer en France » partage-t-elle. Entre 2011 et 2020, la collecte a oscillé autour de 24 milliards de litres de lait par an en France, selon FranceAgriMer. En 2025, elle était plus proche des 23 milliards de litres.

Les cinq plus grands groupes laitiers français produisent moins de lait en France que dans leurs usines à l’étranger selon la FNPL. À l’inverse, leurs homologues allemands produisent la grande majorité du lait sur leur territoire.

Manque d’agilité des usines françaises

Résultat, les groupes allemands possèdent des outils de transformations plus adaptables aux caprices du marché. « Avec la chute des cours du beurre et de la poudre, les industries allemandes se réorientent sur la crème ou les yaourts protéinés pour la restauration hors foyer » explique Alexis Descamps, administrateur à la FNPL. « Pourquoi ne fait-on pas pareil en France au lieu de perdre de l’argent sur le beurre et la poudre ? » questionne l’éleveur. Le manque d’agilité des outils industriels français rendrait la tâche plus compliquée aux usines de l’hexagone.

La FNPL s’inquiète : « Les grands groupes investissent sur toute la planète. Ont-ils envie de rester en France ? Nous ne voulons pas délocaliser notre production » assène Yohann Barbe. « Est-ce une réelle stratégie des transformateurs ou le résultat d’un manque de compétitivité de la France, abonde Alexis Descamps ? »

La FNPL annonce une mobilisation nationale du réseau FNPL auprès des transformateurs ou encore dans les grandes et moyennes surfaces. Une action est prévue ce vendredi 30 janvier à Caen (Calvados) au siège d’Agrial, à l’occasion du conseil d’administration de la coopérative. « On s’attend à un prix du lait en dessous des 400 €/1 000 litres sur l’année 2026 en moyenne, ce n’est pas entendable » rapporte le président de la section de la FDSEA de la Manche, Ludovic Blin.

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